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Beaucoup plus que du pain

Maman, j’ai faim. Qu’est-ce qu’il y a à manger? C’est souvent la salutation des jeunes en arrivant à la maison. C’est possible aussi que ce soit le papa qui se fasse interpeler ainsi.

Nos conversations s’alimentent aussi de propos sur les menus. Les émissions T.V. se chargent souvent de nous donner l’eau à la bouche en nous montrant des plats savoureux.

Lundi dernier, j’étais en train de préparer mon homélie et j’entendais d’une oreille discrète la populaire émission « Les Chefs » où se déploie beaucoup de créativité. Ça m’a coupé l’inspiration. J’ai dû me reprendre plus tard…

À voir Jésus à l’œuvre dans le récit évangélique de ce dimanche, nous pouvons nous imaginer qu’il aurait fait un tabac avec son pouvoir impressionnant de nourrir toute une foule avec peu de matière première, s’il avait participé à un tel défi.

Il n’y a personne pour nier notre besoin vital de manger, de nourrir notre corps pour se tenir debout et garder nos forces. Et ce n’est pas désagréable du tout.

Que de temps nous consacrons, ou d’autres consacrent, pour préparer les repas! Et quelle joie de passer agréablement du temps autour d’une bonne table, surtout en famille ou en bonne compagnie!

Jésus n’était pas un extra-terrestre. Il vit et ressent les mêmes besoins et les mêmes appétits que nous. Il est sensible également aux aspirations et besoins des personnes qu’Il côtoie, qu’Il rencontre, qu’Il voit venir à Lui avec le désir d’être aidés, renouvelés, compris, comblés.

Jésus est suivi d’une foule nombreuse et ses disciples l’accompagnent. Il n’est pas question de famine, comme dans le premier récit du prophète Elisée qui réussit ce tour de force de nourrir sans provision. Mais la foule venu écouter Jésus n’a pas de quoi manger. Jésus souhaite bien que ses disciples pourvoient à l’appétit des gens désireux d’entendre un message qui restaure tout l’être humain, avec leurs aspirations les plus nobles.

Ils n’ont cependant pas les ressources nécessaires. C’est un jeune garçon qui sauve la mise avec ses cinq pains et deux poissons. Ce sont ces humbles provisions partagées, appuyées par les paroles de Jésus, qui produisent l’invraisemblable.

Chacun mange abondamment et il y a même un surplus. Le corps est rassasié, mais chacun a saisi autre chose de plus nourrissant encore, ils reçoivent quelque chose de la vie du Christ qui les alimente au-delà de leurs attentes physiques et matérielles. Et quand Jésus donne, c’est la surabondance.

En partageant le pain, il donne beaucoup plus que du pain. Il prendra d’ailleurs ce signe du pain pour faire mémoire du don qu’il fait de sa vie pour nous permettre de vivre en communion avec Lui et avec son Père.

Ça veut dire quoi vivre en communion avec Jésus? C’est se laisser guider et accompagner par Lui sur la voie du service, de l’entraide, du partage, du pardon, du don de soi. De là peut jaillir l’abondance de l’amour et ses bienfaits. Et on ne peut pas vivre en communion avec Lui sans apporter quelque chose aux autres, sans offrir nous aussi quelque chose du meilleur de nous-mêmes.
Eckart, un maître à pensée d’un courant spirituel disait :

« On ne devient pas bon en essayant d’être bon,
mais en trouvant la bonté qui est déjà en soi
et en lui permettant de s’exprimer. »

Faisons en sorte que la bonté qui loge en nous et qui est éveillée par l’Esprit Saint, qui nous habite depuis notre baptême, trouve les meilleurs moyens de s’exprimer pour produire des fruits porteurs de vie et d’une vie qui demeure.

Permettez-moi en terminant ma mission pastorale au milieu de vous de citer quelques extraits d’une belle hymne que nous disons à l’Office divin :

Peuple d’un Dieu qui est tendresse
et qui te dit son amitié,
ne reste pas sourd à la détresse,
reçoit de Lui d’avoir pitié.
Ta seule gloire est le service …

Peuple d’un Dieu qui est lumières,…
ne reste pas sous le boisseau!
Va témoigner de l’espérance,…
deviens le signe du bonheur que Dieu promet.

Peuple d’un Dieu qui fait renaître,…
tu es vivant de ton baptême,…
ouvre ton cœur à rendre grâce,
dans l’univers où Dieu t’envoie…,
tu as la charge de sa joie!

Oui, Seigneur, ouvre notre cœur à l’action de grâce, pour faire en sorte que dans l’univers où tu nous envoie, nous soyons porteurs de ta joie, de ta paix et de ton amour.

C’est notre merveilleuse mission chrétienne!

AMEN.

Informations supplémentaires
17e Dimanche du temps ordinaire, année B
1re lecture : Rois, 4, 42-44
Psaume : 144 (145)
2e lecture : Éphésiens, 4, 1-6
Évangile : Jean, 6, 1-15

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